Par Anne Rodier. Former plutôt que licencier", déclarait déjà fin décembre 2009 Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi, à l'adresse des entreprises. C'est le leitmotiv des pouvoirs publics en réponse à chaque nouveau plan social. Face à un taux de chômage que Pôle emploi vient encore d'annoncer en hausse (+ 16,1 % en un an) et une croissance atone, la formation pourrait être, aux niveaux national et régional, une priorité pour maintenir les salariés en activité, les adapter aux nouvelles technologies ou préparer leur reconversion.
Certaines régions, qui comptent la formation professionnelle au nombre de leurs compétences, ont, de leur côté, créé des "services publics régionaux de la formation professionnelle" - c'est le cas en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Poitou-Charentes, Bourgogne, Limousin et Rhône-Alpes - pour développer une offre permanente destinée aux publics les plus éloignés de l'emploi. Les conseils régionaux ont financé leurs propres dispositifs anticrise (chèque formation, dispositif de qualification, fonds spéciaux, etc.). La participation financière des régions à la formation professionnelle (4 milliards d'euros), en hausse constante depuis 2004, représente 15,5 % de la dépense nationale, estimée à 28,4 milliards d'euros pour 2007.
Par souci d'économie, les entreprises ont tendance à raccourcir les durées de formation, qui deviennent de ce fait de moins en moins certifiantes et valorisables sur le marché du travail, au bénéfice de courtes sessions d'adaptation au poste de travail, sans grande valeur hors de l'entreprise. "La durée moyenne de formation par salarié et par an est de 13 heures seulement, alors que le seul droit individuel à la formation donne à chaque salarié un crédit de 20 heures par an !", note Michel Théry, économiste au Céreq.
Paradoxalement, les titulaires de contrat à durée indéterminée (CDI) et les salariés les plus diplômés, qui sont les principaux bénéficiaires de la formation professionnelle, le sont encore davantage en période de crise, qui frappe pourtant d'abord les moins formés et les précaires... justement parce que ces derniers sont les premières victimes des restrictions budgétaires.